Yacutinga

On n’a pas tous les jours 30 ans. Et j’avais envie d’inaugurer cette nouvelle décennie en m’offrant une expérience extraordinaire, quelque chose d’exceptionnel, juste pour moi… Certes, mais quoi?!

Avant de partir, j’avais envisagé de passer le cap dans l’un des plus beaux hôtels de Buenos Aires. A posteriori, cette idée me paraît tellement futile que j’ai du mal à réaliser qu’elle ait été mienne.

Heureusement, j’avais glissé dans mon backpack le super Guide Tao Argentine (merci les coupaings!), qui recense de nombreuses adresses de tourisme écoresponsable. Après seulement quelques jours de voyage, LA destination m’est apparue comme une évidence: Yacutinga.

Au cœur de la jungle, au bord de la rivière Iguaçu, Yacutinga est une réserve naturelle privée de 570 hectares, qui porte des projets de restauration de la forêt subtropicale et de préservation de la biodiversité, financés notamment par l’hébergement en éco-lodge et les activités en pleine nature.

Les cabanes de Yacutinga, au confort rustique, sont toutes construites avec des matériaux durables. Aucun arbre n’a été coupé pour réaliser les infrastructures et le bois utilisé provient de branches tombées ou arrachées par le vent. Les vitraux multicolores en verre recyclé, colorent les pièces d’une douce lumière.

Kayak, randonnée dans la selva, aeroyoga, massage thaï, méditation sous les étoiles, autant d’activités qui ont illuminé mes journées. J’ai aussi passé de longues heures à écouter les bruits de la forêt et à contempler les papillons, oiseaux, reptiles, insectes et autres animaux qui vivent dans la réserve à l’état sauvage.

J’ai notamment vu des singes hurleurs (apparemment difficiles à observer), des dizaines d’iguanes, des morphos bleus (mon papillon préféré), des martins-pêcheurs, des colibris, un aigle noir… Je n’ai pas pris de photos, parce que j’ai préféré vivre intensément ces moments, plutôt que de chercher mon smartphone et d’interrompre l’émerveillement. Et puis qu’on se le dise: photographe c’est un métier. L’image zoomée 18 fois sur laquelle on devine une plume chamarrée, je vais donc vous l’épargner.

J’ai aussi fait de belles rencontres et ai pu pratiquer mon allemand, mon anglais et mon castellano, avec lequel j’arrive désormais – et non sans fierté – à faire des calembours et jeux de mot.

Mes papilles aussi ont pu se régaler. La cuisine de Yacutinga est délicieuse, et chaque repas est préparé avec des produits frais, locaux, en majorité bio, et avec une bonne dose de buena onda. Toute l’équipe est aux petits soins et j’ai eu droit, le soir du 10 novembre, à un super gâteau meringué, orné d’une bougie à souffler. Entourée de tant de nature et d’esprits bienveillants, pas une seconde je ne me suis sentie seule à l’autre bout du monde.

Côté boissons, j’ai eu le plaisir de savourer des jus, cocktails et tereré, préparés avec des fruits indigènes, dont je ne soupçonnais pas l’existence, aux saveurs sucrées et acidulées.

Si vous passez par Iguazú, je ne peux que vous recommander de vous offrir une bulle de nature, de paix et d’aventure, tout en contribuant à la préservation d’un écosystème hautement menacé. Pour les petits budgets, il est également possible de faire un volontariat et donc d’être logé et (très bien) nourri dans ce petit coin de paradis, en échange de quelques heures de travail. Un tel séjour coûte, pour une voyageuse seule, entre 650 et 750 $US tout compris (le transport depuis Puerto Iguazú aussi).

Comme de coutume en Argentine, c’est le paiement s’est avéré être la partie la plus compliquée de l’histoire: impossible de payer par carte de crédit ou de faire un virement bancaire depuis un compte etrangé. J’ai donc dû me trimbaler, depuis Buenos Aires, plus de 45 000 pesos, le tout en billets de 100 – sinon ce n’est pas drôle – afin de pouvoir régler l’addition.

Certes avec cette somme, j’aurais pu m’offrir quelques pierres qui brillent, un énième sac à main, ou un carré hermès et demi… mais vous l’aurez compris: la sérénité et la joie que j’ai ressenties, elles n’ont pas de prix.

Au fil de l’eau
Nature peinture
Quelques baies de cocù (ici c’est un fruit ^^) récoltées en canoë
Fourmi maxi format
Salsepareille sans pareil
Changer de perspective:
Autre point de vue sur la gravité (des choses)
Photo: Juan-Manuel @yogaenlaselva
Là-bas c’est le Brésil
Quand durabilité rime avec calme et volupté
Avec les coupaings au bord de la piscine, le jour de mes 30 ans 🙂
Méditation sous les étoiles, illuminée par la pleine lune
Cerise sur le gâteau: avant de partir, chaque visiteur sauve une orchidée tombée du nid

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