Valparaiso

L’une des meilleures destinations au monde pour célébrer le passage à la nouvelle année selon le Lonely Planet. Certainement pas en 2019, selon Aline Freiburghaus.

À moins de dix heures de bus de Mendoza, au bout d’une route splendide par delà les Andes, cette ville portuaire, bordée par le Pacifique, a pourtant de quoi séduire les amateurs d’esprit bohème et d’art urbain.

Je m’étais renseignée sur la situation au Chili, après les violents affrontements qui boulevers(ai)ent le pays depuis le mois d’octobre. Selon toutes les sources que j’ai consultées, tout s’était calmé. Dès mon arrivée à la gare routière, j’ai pu réaliser qu’à Valparaiso c’était de nouveau d’actualité.

Sitôt descendue du bus, je me suis dirigée vers le point d’information touristique, pour commander un taxi officiel qui m’aurait emmenée à mon auberge. Mais au même moment, toutes les grilles d’accès se sont fermées, ne laissant passer que les cris des manifestants et le son des tirs policiers. Pendant plus d’une heure, je suis restée coincée dans cette gare, avec mon sac – devenu bien trop lourd – sur le dos, et des bruits de scènes de guerre dans les oreilles.

Pour patienter, j’ai sagement attendu 40 minutes dans la file d’attente qui menait au seul distributeur automatique de billet fonctionnel. C’est d’ailleurs monnaie courante à Valparaiso ou à Santiago du Chili: si tu trouves un bancomat, il y a de grandes probabilités qu’il soit hors-service ou à court de billets… et si par chance ce n’est pas le cas, tu devras alors tranquillement attendre ton tour, parce que les 18 personnes devant toi veulent elles aussi retirer du cash. Avec l’équivalent de 10 dollars de frais à la clé – pas facturés par ta banque, non, par celle qui t’a gentiment mis le distributeur à disposition – pour un retrait maximal d’à peine 200, ça fait un peu cher payé.

Une fois la situation calmée, tous les taxis ayant déserté la zone, l’employé de l’office du tourisme, qui avait alors fini son service, m’a gentiment accompagnée en direction de mon hébergement. Les vingt-cinq minutes de marche au milieu des poubelles incendiées m’ont permis de méditer sur la tournure que je souhaitais donner à la suite de mon aventure.

Au delà des résidus de gaz lacrymogènes, des rues à l’odeur d’ammoniaque, des monticules de détritus et des agitations de fin de journée, je suis toujours restée déterminée à trouver la beauté qui parfois se cache au milieu de l’obscurité.

Alors j’ai choisi d’encore plus savourer la chance qui m’est donnée de pouvoir voyager, apprendre, goûter à la liberté, vivre intensément, m’émerveiller, partager.

J’ai longuement parcouru les collines colorées, essayé de capter la meilleure lumière pour photographier les murs et escaliers artistiquement tagués, flâné sur les terrasses ensoleillées, marché le long de l’océan, observé les lions de mer, admiré le vol des pélicans et apprécié les belles rencontres qui sont le sel du voyage.

Lascivement bohème
Maison hublot
Mélodie en sous-sol
Arc en ciel
Plaza de los poetas
Ça trompe (l’œil) énormément
Croissance ou ascension ?
Big sister is watching you
Métaphore du colibri
Fresque maritime
Viña del Mar
Caleta portales
Saut de lion de mer
Rang de pelicans
Sur place ou à l’emporter?
Tombée du jour
Entre incendies des manifestants…
… et feux d’artifice