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Opération «trouve un avion»

Lors de mon dernier article, j’avais choisi de m’isoler quelques semaines dans les montagnes colombiennes, le temps que l’orage sanitaire passe. Cinq jours plus tard, je m’envolais pour l’Europe, aussi épuisée que soulagée.

Cela fait maintenant cinq jours que je suis confinée chez moi – pour mon plus grand bonheur – et c’est seulement maintenant que je (re)trouve l’énergie de continuer mon récit. C’est difficile de décrire après coup l’enchaînement d’événements et les pics d’émotions qui ont rythmé la fin de mon voyage.

« Je veux écrire la chronique de tant de choses de ce temps » écrivait Etty Hillesum dans son journal en 1941 (mon conseil de lecture pour votre confinement). J’aimerais moi aussi pouvoir dépeindre ces moments d’Histoire que mes compagnons d’infortune et moi avons traversés.

En Colombie les choses se sont accélérées brutalement dès le 14 mars. Une vague de mesures restrictives s’est abattue sur le pays, avec application quasi-immédiate. D’abord, le président a annoncé la fermeture des écoles et des universités à partir du 16 mars. Puis la fermeture de toutes les frontières terrestres et fluviales à partir du 17 mars. Puis l’isolement total des ainés de plus de 70 ans à partir du 20 mars et ce jusqu’à fin mai. La mesure que nous redoutions tous, à savoir la fermeture des frontières aériennes, est tombée le 19 mars, avec application au soir du dimanche 22. Puis la fermeture des hôtels dès le 23. Depuis hier le pays est en confinement général pour minimum trois semaines et les contrevenants risquent de lourdes amendes et des peines de prison.

Je me trouvais à Casas Viejas, un petit paradis isolé dans la montagne, avec des arbres à perte de vue, des oiseaux multicolores, des hamacs et de super compagnons de voyage. Chaque jour nous prenions connaissance des nouvelles mesures et l’ambiance, d’abord légère et détendue, se plombait un peu plus. Les premiers touristes ont commencé à paniquer, d’autres venaient à comprendre que la suite de leur voyage à Cuba ou en Bolivie, allait être chamboulée, certains étaient déterminés à rester. Les insomnies ont commencé et on s’interrogeait tous sur la meilleure stratégie à adopter. Nous étions à près de 1000 km de Bogota et la première idée était de rester ici, à l’abris, le temps que cela se tasse. Et puis on a rapidement compris que la crise allait durer bien plus longtemps qu’annoncé. Les prix des billets d’avions s’envolaient et chaque jour des vols étaient annulés, sans aucune autre option de retour.

J’ai très vite acheté un premier billet de Carthagène (à 6 heures de routes) à Zurich via Amsterdam pour le 23 mars. Des rumeurs laissaient penser que l’aéroport de Bogota serait le premier à fermer et les autorités sommaient les touristes de ne pas s’y rendre sans ticket pour le jour même. J’étais en sécurité et en bonne compagnie où je me trouvais, mais je sentais que ce n’était que provisoire. Le 18 mars, quand mon ami Andreas m’a montré un e-mail, que l’une de ses amies avait reçu, disant qu’il n’y aurait plus de vol après le 22 mars, j’ai pris la décision d’investir dans un autre billet de Santa-Marta (à 1h30 de route) à Genève, via Bogota et Madrid pour le vendredi suivant. Rien n’était encore officiel mais je préférais assurer le coup… Même si au final mes vols pouvaient être annulés à tout moment.

L’ambiance était schizophrénique, les minutes semblaient des heures, nous alternions entre moments d’angoisse, chacun isolé devant son téléphone, et moments de relâche, à admirer les coucher de soleil, à danser ou à jouer tous ensemble au bord de la piscine. Nous nous sommes beaucoup soutenus mutuellement. L’humour et la musique ont eu une influence significative sur notre moral et nous avons bien ri en chantant à tue tête le tube « Should I stay or should I go?», puis régulièrement souri sur « Everything is gonna be alright ». Peu à peu, beaucoup de ceux qui à l’origine voulaient rester ont changé d’avis.

Jeudi 19 mars, à 3 heures du matin, après quatre nuits d’insomnie, j’ai racheté un autre billet de Santa Marta à Bogota, en business parce que c’était la seule option disponible. J’ai bien fait, parce que mon billet originel, par la suite retardé à deux reprises, ne m’aurait pas permis d’avoir ma correspondance pour Madrid. J’ai d’ailleurs réussi, une fois à l’aéroport, à faire embarquer Andreas sur le même vol que moi (alors qu’il avait un billet 4 heures plus tard et que les gardes de sécurité ne voulaient même pas le laisser entrer dans l’aéroport), en laissant croire que nous étions en couple. Jouer la comédie nous a mis du baume au cœur et voyager ensemble avait un petit goût de victoire.

Une fois à Bogota, nous avons retrouvé Davina et Aimee, qui étaient sur liste d’attente pour un vol vers Londres. Elles sont toutes deux montées dans l’avion, puis Aimee a été sommée de redescendre: le nombre de places disponibles avait été mal calculé par la compagnie. Elle aura finalement une place le lendemain soir. Andreas est passé par New-York et Londres pour rejoindre Hambourg. Daan n’a pas eu son avion pour Amsterdam et il se trouve actuellement confiné dans un hostel, qui accueille clandestinement de nombreux autres étrangers, pour une durée indéterminée.

Ce n’est qu’arrivée à Madrid que j’ai un peu relâché la pression. Et c’est seulement chez moi que je me suis sentie complément en sécurité. Je ne dors pas encore très bien, mais j’apprécie chaque seconde passée dans mon appartement (ça fait 86 400 par jour, c’est très appréciable, je vous assure).

La Colombie est un pays magnifique que je me réjouis de (re)découvrir lors d’une prochaine aventure. Je pense à mes amis là-bas, aux fabuleux êtres humains que j’ai rencontrés et à qui il faudra beaucoup d’énergie pour se relever. Je pense aussi à mes amis coincés loin de leur maison, en Argentine, en Nouvelle-Zélande ou ailleurs. Il paraît que patience est mère de toutes les vertus.

On m’a beaucoup demandé si je n’étais pas déçue d’avoir été contrainte de précipiter mon retour. La réponse est non. J’avais, à l’origine, organisé ce voyage sans date de fin, pour pouvoir écouter mes envies et me déplacer au gré du vent. Ces derniers mois, la vie m’a offert une infinité de magnifiques opportunités, dont celle de pouvoir revenir à Genève dans de bonnes conditions, pour un projet qui m’anime et dont je me réjouis de pouvoir parler. Le 12 mars à Carthagène, quelques dizaines d’heures avant que tout soit boulversé, j’ai acheté mes premiers billets d’avion retour. Au moment de choisir la date, je me suis demandée à quel moment je souhaitais rentrer. En cet instant, je ressentais une profonde envie de retourner rapidement chez moi. Et pourtant, pour la première fois du voyage, j’ai occulté mon intuition – en la reléguant au rang de fatigue passagère – et j’ai pris la décision qui semblait la plus rationnelle à ce moment là: prolonger mon périple de 7 semaines, afin de pouvoir profiter au maximum, en toute liberté (mot qui sonne étrangement aujourd’hui). A posteriori cette anecdote me fait sourire et me rappelle d’une part que mon cœur était prêt à rentrer et d’autre part que ma raison peut peaufiner les plans les plus perfectionnés, au final ce n’est pas elle qui contrôle la tournure que prennent les événements. Je suis donc infiniment heureuse d’être chez moi, même si les conditions de mon retour sont à mille lieues de ce que j’aurais pu imaginer.

J’ai appris plusieurs choses sur la façon de gérer une crise:

– En situation d’urgence, l’argent n’a plus aucune valeur, si ce n’est garantir ta propre sécurité. À ce moment-là, il faut investir un maximum pour mettre toutes les chances de ton côté

– L’information fiable et indépendante est la clé pour prendre les bonnes décisions. Je suis reconnaissante à l’ambassade de France en Colombie qui a, chaque jour, posté sur les médias sociaux une courte vidéo avec les derniers updates et les comportements à adopter

– Contrairement à ce qu’a écrit Sartre, je ne crois pas que « l’enfer c’est les autres »: la bienveillance et la solidarité permettent de surmonter bien des obstacles. L’enfer c’est probablement l’incertitude directement liée à la peur. J’ai une profonde admiration pour celles et ceux qui surmontent cela au quotidien

Je me réjouis de continuer ce blog, depuis mon salon, ma chambre ou mon balcon, de reprendre le fil de mes aventures au Pérou puis en Colombie, pour me remémorer, pour vous faire voyager, parce que le monde est beau et que j’aime le raconter.

Aéroport de Madrid, le 21 mars 2020
Santa Marta: un aéroport inoubliable
Dernier coucher de soleil en Colombie
N’oublions pas de sourire – Everything is gonna be alright
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CO(lombia)VID(a) update

Avant de me replonger dans mes souvenirs et de poursuivre les récits de mon aventure au Pérou, j’écris un article en direct depuis la Colombie. La situation évolue a une telle vitesse que la réalité semble irréelle; poser les mots permet bien souvent de panser les maux.

Il y a 7 jours, je me trouvais sur l’île paradisiaque de San Andres. Entre snorkeling et cocktails entre amis, je laissais mon imagination m’inspirer quant à ma prochaine destination: le Costa Rica, les Galápagos et le Mexique occupaient le trio de tête des destinations que j’avais envie d’explorer ces prochaines semaines.

Il y a 4 jours, j’atterrissais à Carthagène des Indes et je souriais ironiquement à la vue des slogans publicitaires pour la bière éponyme, scandant « Corona, this is living ». J’envisageais de visiter les plantations de café près de Minca, puis d’aller m’émerveiller au Parc Tayrona avant de prendre un bus pour rendre visite à des amis du côté de Pereira, m’arrêtant en chemin au gré de mes envies.

Hier, je me réveillais à l’aube, dans la Sierra Nevada de Santa Marta, pour faire du yoga en pleine nature, dans un endroit paisible et sans connexion wifi, que j’avais initialement réservé pour 4 nuits. Dans la journée on apprenait que les vols vers l’Europe étaient tour à tour annulés, et que les frontières se refermaient. Je comprenais que la Colombie serait la dernière destination de cette belle aventure.

Aujourd’hui, je suis allée observer les oiseaux avant le lever du soleil. Un bon moyen de continuer à s’émerveiller des beautés de la nature et de vivre l’instant présent. Malgré tout, la peur a insidieusement gagné du terrain. L’hôtel a ouvert la connexion internet afin que chacun puisse communiquer avec ses proches et prendre les dispositions nécessaires. J’ai prolongé mon séjour pour deux semaines. Je suis donc confinée en pleine nature, au milieu des montagnes et des caféiers. Malgré ce décors enchanteur, mes pensées sont tournées vers l’Europe, vers mes proches, vers ceux qui souffrent et vers ceux qui consacrent leur temps à les soulager. Aujourd’hui plus que jamais, malgré l’angoisse et l’incertitude, je suis reconnaissante d’être en vie.

Demain est un autre jour.

Prenez soin de vous.

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Arequipa

L’une des plus belles cités d’Amérique du Sud… paraît-il! J’aurais adoré pouvoir l’admirer en plein soleil, parce qu’on ne va pas se le cacher, sous la grisaille, le froid et la bruine, même la plus jolie ville du monde paraît un peu triste.

Entourée par trois volcans – j’aurais la chance d’en apercevoir un le temps d’une éclaircie le dernier matin à l’aube – la cité blanche est surnommée ainsi pour ses majestueuses constructions en tuf. C’est la deuxième ville du pays en termes économique et culturel.

Gastronomiquement parlant, elle pourrait facilement gagner la place de numéro un. Il suffit de pousser la porte de l’une des nombreuses picanterias, établissements traditionnels, pour se laisser allécher par les saveurs de la bonne cuisine péruvienne. Au menu: salades de quinoa, maïs frais couronné de fromage, déclinaison de pommes de terres (le pays en compte 4000 variétés), truite grillée, cochon d’Inde à la broche (je ne m’étais pas encore osée à y goûter à l’époque) ou encore – la crème de la crème pour mes papilles – EL rocoto relleno, un piment délicieusement farci de viande, raisins secs, olives, fromage, herbes et épices.

Arequipa abrite aussi l’un des plus grands couvents du monde, dont la visite guidée vaut le détour. Il a été reconstruits à plusieurs reprises en raison des violents séismes qui secouent régulièrement La région. Expérience que j’ai pu vivre en pleine nuit, avec un tremblement de terre de 5,2 sur l’échelle de Richter… réveil plus efficace que n’importe quelle alarme, je vous le garantis!

Le temps d’une éclaircie
Santa Catalina
Bleu hypnotique
D’ocre et de vert
Bébés alpagas
Apparition volcanique
Délices de Picanteria
On ne s’en lasserait pas
Lumières nocturnes
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Nazca

Il y a environ 2000 ans, les nazcas traçaient dans le désert des figures aux dimensions gigantesques et à la géométrie parfaite.

Il y a 70 ans, l’archéologue et mathématicienne Maria Reiche observait pour la première fois ces lignes auxquelles elle allait consacrer le reste de sa vie.

Il y a quelques semaines, je montais à bord d’un petit avion Cessna pour découvrir la magie de ces géoglyphes qui ont résisté aux siècles.

Et la cerise sur la gâteau – ou l’Angostura sur le pisco – c’est que j’ai pu partager ce moment inoubliable avec l’une des personnes que j’aime le plus au monde: ma maman qui m’a rejointe (avec 2 beaux morceaux de gruyère, alleluia!) pour explorer le Pérou.

Les lignes de Nazca, c’est un peu comme les moai de l’île de Pâques: un fascinant mystère qui pousse à la réflexion et invite à accepter que les questionnements importent parfois plus que les réponses.

Le survol des lignes est vraiment spectaculaire et riche en adrénaline. C’est à mon avis le seul moyen de se rendre vraiment compte de la splendeur et de l’ampleur des géoglyphes. Digne des meilleures montagnes russes, l’avion 8 places virevolte pendant une trentaine de minutes, révélant une nouvelle figure à chaque virage. Prendre des photos s’apparente à un sport extrême, vous pourrez constater le résultat – toujours sans filtre – ci-dessous.

Si on a le mal de l’air ou un budget serré, le site comporte également deux miradors, qui permettent de prendre un petit peu de hauteur pour observer l’arbre, le lézard et le poussin. De près, on s’aperçoit que si les sillons mesurent plusieurs centaines de mètres de long, il ne sont profonds que de quelques centimètres. Ca semble peu pour résister aux aléas climatiques d’à peu près 700 000 jours, n’est-ce pas?! Et pourtant!

Les lignes sont l’attrait principal de la ville de Nazca et beaucoup de visiteurs n’y restent que quelques heures. Si on souhaite s’y attarder (pas trop non plus, hein?!), cela vaut clairement la peine d’aller au planétarium Maria Reiche, pour mieux comprendre l’histoire et la signification de ces dessins célestes. Et pourquoi pas faire un détour par le marché, et se laisser séduire par les étales colorées de légumes et fruits exotiques, qui laissent deviner qu’on s’approche de l’équateur.

Le petit coucou
Le condor
Le singe
Le colibri
L’astronaute (où est Charly?)
L’araignée
Vertige géométrique
Le lézard, l’arbre, le poussin & les miradors
L’arbre, vu depuis le mirador
Un autre colibri, qui se moque bien des barbelés
Le plein de vitamines
L’Angostura sur le pisco
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Santiago du Chili

La première fois que j’ai demandé à des chiliens ce qu’il y avait à voir dans leur capitale, ils m’ont parlé du centre commercial du Costanera Center. Certes avec plus de 300 mètres, le gratte-ciel est l’un des plus haut d’Amérique du Sud, mais peut-être pas le principal attrait de la ville… ou bien?!

Pour moi Santiago était une simple étape, point de chute incontournable pour l’île de Pâques et lieu de départ privilégié pour ma prochaine destination (début 2020, la plupart des vols internationaux y sont jusqu’à dix fois moins chers que depuis Buenos Aires).

Je n’avais donc pas beaucoup d’attentes et ses attraits ne m’ont pas non plus sauté aux yeux. En grattant un peu j’ai néanmoins réussi à en dénicher quelques uns.

Dominant la ville, le cerro San Cristobal offre une vue panoramique sur la capitale aux près de 6 millions d’habitants. On peut y monter en funiculaire, en téléphérique ou à pied… puis, au sommet, tenter de se désaltérer avec un mote con huesillo, une boisson ultra sucrée à base de blé cuit et de pêche séchée (il fallait y penser!). Celui que j’ai goûté n’était pas un chef-d’œuvre, mais avait le mérite d’être bien frais.

Le week-end, le Persa Bio-Bio, aux airs de Camden market en beaucoup plus chaotique, permet de chiner ou de flâner dans une ambiance populaire loin des beaux quartiers.

Beaucoup plus touristique, le Mercado central invite à admirer et à humer la pêche du jour, et éventuellement à la déguster si on se laisse alpaguer par les rabatteurs des établissements aux tables nappées et aux prix un peu gonflés.

Enfin, le quartier de Bellavista affiche de belles fresques murales (un bref aperçu de ce qu’on peut admirer à Valparaiso) et la vie nocturne y est plutôt animée. Si on est d’humeur festive et en bonne compagnie, on peut, même le lundi, y déguster un ou deux cocktails et puis danser jusqu’au bout de la nuit (testé et approuvé).

Ascension du cerro…
…une fois au sommet
Au détour d’un couloir de métro
Persa bio-bio
Mercado central
Bellavista
La Liberté guidant le peuple…
…ou témoignage du conflit social
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Rapa Nui

L’île mystérieuse. Pas celle de Tintin, celle des Moai: gigantesques statues de pierres, sculptées il y a 800 ans. L’île de Pâques en compterait près de 900, mesurant de 2 à 9 mètres et pesant plusieurs dizaines de tonnes.

J’ai découvert Rapa Nui dans une ambiance tempêtueuse, sous un ciel anthracite parsemé d’éclairs, avec en fond sonore le bruit régulier des vagues, rythmé par le roulement sourd du tonnerre: un metteur en scène n’aurait pas mieux fait pour suggérer une ambiance dramatique.

On sent dans ce décor presque irréel une énergie particulière, la puissance des éléments et la force des traditions.

Destination de plus en plus prisée des touristes, deux avions par jour y déversent un flot régulier de visiteurs venus du monde entier. Beaucoup n’y restent que 2 ou 3 jours et emportent avec eux des glacières pleines de nourriture, pour ne pas avoir à payer les 30% supplémentaires qu’impliquent la vie insulaire.

J’y ai passé une semaine, pour prendre le temps de visiter les sites archéologiques tranquillement, pour monter à pied au volcan, nager dans les eaux turquoises de la baie d’Anakena, apprendre à pêcher selon les techniques ancestrales ou simplement bouquiner sur la terrasse de mon hôtel avec vue imprenable sur l’océan.

L’île ne fait qu’une centaine de kilomètres carrés – soit un peu plus de la moitié du territoire du Canton de Genève – et se visite à vélo, pour les plus motivés. C’était mon idée initiale… avant de rencontrer Fanny, 18 ans, future magistrate, qui le bac en poche et avant de commencer ses études universitaires, s’accorde une année de stages autour du monde, en commençant par La Chaux-de-Fonds (véridique!). Fanny c’est aussi un concentré de bonne humeur, de bienveillance, d’intelligence et de maturité d’esprit, agrémentée d’une pointe de folie juvénile. On s’est trouvée et elle m’a convaincue de partager un quad pour découvrir l’île ensemble. Quelle belle idée! Passée l’appréhension des premiers kilomètres à vive allure au milieu des nids de poule, le véhicule motorisé, manœuvré par une pilote hors-pairs, s’est révélé être une belle source de fun et de liberté (pour l’étude de l’impact écologique, on repassera). Et en super compagnie, Rapa Nui s’est avérée encore plus fantastique que je ne l’avais imaginée.

Pour l’anecdote, si j’avais défini mon itinéraire depuis Genève, je ne pense pas que j’aurais osé m’accorder l’île de Pâques. Pas que je n’aime pas me faire plaisir, mais si j’y avais réfléchi, j’aurais sûrement entrevu beaucoup de contraintes (trop loin, trop cher, peut-être trop compliqué pour une voyageuse seule… ) et j’aurais mis de côté cette destination rêvée, pour un futur indéterminé. Fort heureusement, grâce à mon fantastique périple en Antarctique, qui m’a définitivement confirmé que les plus belles aventures arrivent lorsque l’on choisit de faire tomber ses barrières mentales et de se laisser porter, je me suis envolée sur cette merveilleuse île isolée du Pacifique, dont je suis heureuse de pouvoir vous partager quelques clichés.

Durant mon voyage, j’ai rencontré pléthores de backpackeurs qui avaient pour objectifs: 1- de visiter tous les pays du monde, ou 2- de remonter la Patagonie à vélo, ou encore 3- de poser le pied sur chacun des 7 continents. Avec cette île d’Océanie, si j’avais eu une bucket-list, j’aurais pu cocher la troisième case et ressentir pendant quelques secondes l’exaltante impression du devoir accompli. Mais ce que certain(e)s considèrent comme un aboutissement n’est dans mon cas qu’un détail collatéral à mon choix de me laisser guider là où mon intuition me souffle d’aller. Plus j’avance et plus j’ai la certitude que c’est pour moi la meilleure manière de cheminer.

Mystères de pierres
Figés dans leur carrière
Affichant de drôles d’airs
Ensevelis sous la terre
L’énigme reste entière
De l’autre côté: sable blanc et cocotiers
Cliché polynésien
Or et saphir
Cratère du Rano Kau
Archanges d’Hitu Merahi
Pacifique mais agité
Après la pluie
Demain est un autre jour
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Valparaiso

L’une des meilleures destinations au monde pour célébrer le passage à la nouvelle année selon le Lonely Planet. Certainement pas en 2019, selon Aline Freiburghaus.

À moins de dix heures de bus de Mendoza, au bout d’une route splendide par delà les Andes, cette ville portuaire, bordée par le Pacifique, a pourtant de quoi séduire les amateurs d’esprit bohème et d’art urbain.

Je m’étais renseignée sur la situation au Chili, après les violents affrontements qui boulevers(ai)ent le pays depuis le mois d’octobre. Selon toutes les sources que j’ai consultées, tout s’était calmé. Dès mon arrivée à la gare routière, j’ai pu réaliser qu’à Valparaiso c’était de nouveau d’actualité.

Sitôt descendue du bus, je me suis dirigée vers le point d’information touristique, pour commander un taxi officiel qui m’aurait emmenée à mon auberge. Mais au même moment, toutes les grilles d’accès se sont fermées, ne laissant passer que les cris des manifestants et le son des tirs policiers. Pendant plus d’une heure, je suis restée coincée dans cette gare, avec mon sac – devenu bien trop lourd – sur le dos, et des bruits de scènes de guerre dans les oreilles.

Pour patienter, j’ai sagement attendu 40 minutes dans la file d’attente qui menait au seul distributeur automatique de billet fonctionnel. C’est d’ailleurs monnaie courante à Valparaiso ou à Santiago du Chili: si tu trouves un bancomat, il y a de grandes probabilités qu’il soit hors-service ou à court de billets… et si par chance ce n’est pas le cas, tu devras alors tranquillement attendre ton tour, parce que les 18 personnes devant toi veulent elles aussi retirer du cash. Avec l’équivalent de 10 dollars de frais à la clé – pas facturés par ta banque, non, par celle qui t’a gentiment mis le distributeur à disposition – pour un retrait maximal d’à peine 200, ça fait un peu cher payé.

Une fois la situation calmée, tous les taxis ayant déserté la zone, l’employé de l’office du tourisme, qui avait alors fini son service, m’a gentiment accompagnée en direction de mon hébergement. Les vingt-cinq minutes de marche au milieu des poubelles incendiées m’ont permis de méditer sur la tournure que je souhaitais donner à la suite de mon aventure.

Au delà des résidus de gaz lacrymogènes, des rues à l’odeur d’ammoniaque, des monticules de détritus et des agitations de fin de journée, je suis toujours restée déterminée à trouver la beauté qui parfois se cache au milieu de l’obscurité.

Alors j’ai choisi d’encore plus savourer la chance qui m’est donnée de pouvoir voyager, apprendre, goûter à la liberté, vivre intensément, m’émerveiller, partager.

J’ai longuement parcouru les collines colorées, essayé de capter la meilleure lumière pour photographier les murs et escaliers artistiquement tagués, flâné sur les terrasses ensoleillées, marché le long de l’océan, observé les lions de mer, admiré le vol des pélicans et apprécié les belles rencontres qui sont le sel du voyage.

Lascivement bohème
Maison hublot
Mélodie en sous-sol
Arc en ciel
Plaza de los poetas
Ça trompe (l’œil) énormément
Croissance ou ascension ?
Big sister is watching you
Métaphore du colibri
Fresque maritime
Viña del Mar
Caleta portales
Saut de lion de mer
Rang de pelicans
Sur place ou à l’emporter?
Tombée du jour
Entre incendies des manifestants…
… et feux d’artifice
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Mendoza

Dernière étape de mon aventure argentine.

Dans mon imaginaire, Mendoza était une ville au charme rural, oasis au milieu du désert, entourée de vignes et de nature. Mon expérience fut quelque peu en décalage. Agréable mais décalée.

J’ai atterri à Mendoza un soir de décembre, sous un soleil de plomb, par une chaleur écrasante, dans un hostel qui lui aussi était en décalage avec les commentaires élogieux que j’avais lus sur internet. Contre mauvaise fortune bon cœur, ça ne m’a pas empêchée d’aller, dès mon arrivée, me rafraîchir sur le toit terrasse (plutôt délabré) dudit hostel, pour partager une bonne bière avec les autres résidents. Cinq nationalités autour de la table – Italie, Hongrie, Allemagne, France et Suisse – et choix plutôt atypique: c’est en allemand qu’on a choisi d’échanger.

Le lendemain, départ pour une route des vins à vélo à cinq, parce que plus on est de fous…

A Maipú, au sud de Mendoza, on a loué des vélos de qualité plus qu’aléatoire, pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, sur une route bétonnée et passante, loin du charme pittoresque dont je rêvais. À noter que les vélos pour hommes ont des vitesses, contrairement aux vélos pour femmes, qui à défaut arborent de jolis paniers. Si je m’en étais rendue compte à temps j’aurais demander à changer.

Bilan de la journée: visite de plusieurs bodegas, dégustations généreuses de vins de bonne qualité, repas touristique au tarif démesuré, rires, chaîne cassée, mollets bien échauffés et esprits un peu enivrés. Assez peu de photos – mais toujours sans filtre – parce que conduire le smartphone à la main c’est plutôt déconseillé.

Je me suis par la suite promenée dans la ville de Mendoza, à laquelle j’ai trouvé davantage d’intérêt gastronomique, qu’architectural ou culturel.

Si on a plusieurs jours devant soi, cela vaut certainement la peine de louer une voiture pour explorer les alentours, le pont de l’inca, la vallée de l’Uco, le Mont Aconcagua, près de 7000 mètres, point culminant d’Amérique.

Mais pour moi vint le temps de quitter ce pays que j’aime tant. C’est donc en bus que j’ai eu un aperçu de la beauté des paysages de la province. Après deux mois et demi de maté, de tereré, de castel[ch]lano, de tango, d’asado, d’empanadas, de fernet coca, de randonnées, de yoga, de précieuses rencontres, d’aventures intenses, à travers la quebrada, le désert, la neige, la selva: j’ai finalement traversé la cordillère pour me rendre au Chili…

Salud!
Conférence de presses
Wagon pour déguster quelques ballons
Barriques magiques
Gris-vert & bleu-gris
Fuente de los continentes
Sur la route
Au loin l’Aconcagua
Don’t cry for me Argentina
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Funes & Rosario

Flashback sur les fêtes de fin d’année: tout comme Lionel Messi j’ai passé Noël 2019 à Funes.

Ce n’est pas le génie du football – au nom pourtant évocateur – qui m’à inspirée, mais l’envie de rendre visite à Angel et Silvia, qui après quelques dizaines d’années à Genève sont retournés vivre là-bas.

Autrefois jardin de la province de Santa Fe, Funes est aujourd’hui une petite ville résidentielles où se côtoient anciens corps de ferme en briques, au bout de routes en terre battues et chiquissimes résidences privées, modernes et ultra-sécurisées.

J’ai eu droit à un accueil très chaleureux et à une ambiance familiale suisso-argentine pour un Noël sous le soleil, au bord de la piscine.

Après les traditionnels repas du 24 ET du 25, nous sommes partis visiter la ville de Rosario, stratégiquement placée au bord du fleuve Paraná.

Grâce aux précieuses explications de Jorge et Patricia, amis de la famille et architectes passionnés, j’ai pu percevoir le glorieux passé et la puissance économique de la troisième ville argentine. Leur éclairage m’a permis d’apprécier les vestiges de l’ancien port, réhabilités en centres culturels, d’imaginer les chemins de fers dont il ne reste que quelques rails abandonnés, de deviner le charme des quartiers ouvriers aujourd’hui gentrifiés, et de goûter les fameuses empanadas de poissons de rivière, dans un cadre idyllique au bord de l’eau. Mais c’est avant tout le fait d’être si bien entourée qui m’a vraiment enchantée.

Tablée internationale
Vestiges portuaires
Rosario vue de haut
Monument au drapeau
Flamme éternelle
Silos recyclés en musée
El Dorado
Entre histoire et modernité
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Ré-brève de comptoir

À l’aube de cette nouvelle année, que je vous souhaite emplie de joie, de rires, et de souvenirs, je vous partage les quelques phrases qui m’ont marquées ces dernières semaines. Comme pour la première édition des brèves de comptoir, toutes les citations sont authentiques. Je vous les partage dans la langue où elles me viennent en tête, et vous laisse le soin de forger votre propre opinion:

« Practico yoga para no matar a nadie. »
Val, la trentaine, professeure de yoga de Bahia Blanca, rencontrée à Umepay

« Tu n’utilises pas de filtre sur Instagram?! C’est un acte politique! »
Violetta, la trentaine, professeure de yoga de Buenos Aires, rencontrée à Umepay

« En fait c’est cool d’être célibataire sans enfants et de kiffer la Life à l’autre bout du monde. »
mon ami Hugo, 30 ans, artiste suisse (et futur prof. de yoga?), par messagerie interposée

« Ici les prix changent tous les jours. J’ai acheté du carrelage une semaine avant les élections, ça m’a coûté 11 000 pesos. Dix jours après, le même carrelage coûtait 17 000 pesos. Une augmentation de 6000 pesos*, ça représente plus de deux jours de travail. »
Antonio, la soixantaine, chauffeur de taxi argentin, rencontré à Córdoba
*ndlr: environ 100 CHF, fin 2019

« Le péronisme c’est le cancer de l’Argentine, ce n’est pas de moi c’est de Borges. C’est terrible ce qu’il se passe en ce moment. Je ne veux pas que mes filles vivent ce que j’ai vécu. Mais je ne quitte pas le pays parce qu’ici c’est ma patrie. » et plus tard d’ajouter « Le monde entier aime Rodger Federer; moi pas. »
Carolina, la cinquantaine, pharmacienne et fan de tennis, de Buenos Aires, croisée à Ushuaïa

« I think nobody wanted to belong to the « seal group » because peolple are mad about the fact that seals eat pinguins. »
Sally, la soixantaine, assistante de direction à Atlanta, USA, rencontrée sur le bateau qui nous mena en Antarctique

« Somos afortunados. »
Edi, 59 ans, professeur de biologie à Medellin en Colombie, à propos de notre périple Antarctique

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Antarctique

Choisir c’est renoncer.

Il y a quelques jours, j’ai fait l’un des meilleurs choix de mon existence. J’ai renoncé à une coquette somme d’argent sur mon compte en banque, pour m’offrir l’une des plus belles expériences qui soit. J’ai embarqué pour le septième continent.

J’aurais voulu avoir le talent de Proust, Baudelaire, Brel, Satie et Monet réunis, pour pouvoir vous conter, déclamer, chanter, jouer, montrer exactement ce que j’ai vécu. Je dois renoncer dépeindre mon expérience de façon exhaustive, mais je choisi de vous en croquer une idée.

Il y a un mois, je ne savais même pas qu’il était possible de se rendre en Antarctique en dehors de missions scientifiques. Lorsque j’étais à Humahuaca, voilà deux semaines – j’ai l’impression que c’était il y a un an – j’ai rencontré Isabelle et Philippe, qui m’avaient raconté avec passion leur aventure polaire à venir. Je pense que cela a planté la première graine de mon envie d’y aller.

Après Ushuaïa, j’avais prévu de partir à El Calafate, puis de remonter la Patagonie. Et puis j’ai choisi d’écouter cette petite étincelle qui vibrait en moi, et j’ai renoncé à mon plan initial. Grâce à mon super Guide Tao offert par mes amis de toujours, j’étais allée réserver une excursion eco-responsable en canoë dans le parc national d’Ushuaïa et là j’ai vu l’annonce qui a changé le cours de mon voyage: « Last minute deals! ANTARCTICA – ask here ».

J’ai demandé le prix, mais je ne me suis pas tout de suite décidée. J’ai laissé passé 48 heures, jusqu’à savoir exactement que c’est là-bas que je voulais aller.

Deux jours avant d’embarquer, grâce à l’annulation d’une excursion touristique que j’avais agendée, je suis retournée à l’agence. On m’a alors donné le numéro de téléphone de Federico de Wayfinder Adventures, qui se trouvait lui-même en Antarctique à ce moment-là, et qui m’a donc donné le numéro de son collègue Luciano à Buenos Aires, avec qui j’ai longuement échangé par WhatsApp en espérant pouvoir obtenir le précieux ticket.

Ce matin-là, après être passée par des montagnes russes émotionnelles, les étoiles se sont alignées. Et là j’ai pleuré.

Lorsque j’écris ces lignes, je suis sur le chemin du retour, après avoir exploré l’ouest puis l’est de la péninsule Antarctique. Nous nous apprêtons à passer le Cap Horn. J’ai encore les larmes aux yeux tellement les dix derniers jours ont été intensément heureux.

Il n’y a pas de mots pour décrire la profonde joie que j’ai ressentie quand j’ai vu ces orques nager à côté de moi, quand j’ai assisté à l’éclosion d’un œuf de manchot ou quand ce phoque s’est approché si près que j’aurais pu le toucher. Le ballet des baleines aux coucher du soleil et la danse des albatros à la proue du navire resteront longtemps gravées dans mes pensées.

L’Antarctique c’est aussi une infinité de blancs et de bleus, des ciels de feu, un soleil de minuit, des icebergs dans toute leur immensité… et puis des liens humains, des sourires échangés, de la tendresse, des rires, quelques whiskys partagés, avec de la glace de l’Antarctique, s’il vous plaît!

J’ai fait du stand-up paddle dans le silence glacé, pratiqué le yoga avec vue sur les vagues, plongé dans l’océan à 3 degrés, puis j’ai couru au sauna pour me réchauffer.

Et puis j’ai noué de vraies amitiés, qui m’ont permis de vivre d’incroyables aventures qu’aucun autre passager n’a eu la chance d’expérimenter. Je dois renoncer à les partager ici, pour ne pas risquer de compromettre les personnes impliquées, mais je choisirai volontiers de vous les raconter de vive-voix, quand on se verra…

Là où tout a commencé
Le septième continent
Paysage de cobalt et d’argent
Mise en perspective
En avant marche
Sagrada Familia polaire
De l’autre côté du miroir
Chinstrap et Gentoo
Adélies Dupont et Dupond
Don’t mess with Johann, Penguin!
Ciel de onze heures et demi
Soleil de minuit ( 00h00 – littéralement)

Les vidéos et photos bonus, parce qu’à ce stade je renonce à choisir:

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Ushuaïa

Le bout du monde. La ville la plus au sud du globe.

Après mes périples dans le nord-ouest, à Salta, Cafayate, Jujuy et Humahuaca, j’avais pensé traverser la frontière bolivienne par voie terrestre, et remonter jusqu’au Pérou.

Mais la situation politique étant très instable en Bolivie et ayant entendu des récits effarants de plusieurs backpackers rencontrés en chemin, j’ai décidé de revoir mes plans.

Quand une porte se ferme devant toi, une autre s’ouvre quelque part, le tout c’est de la trouver. Je me suis donc retournée, j’ai pris un peu de hauteur et là j’ai vu la Terre de Feu.

La ville d’Ushuaïa en tant que telle n’est pas époustouflante, mais la nature, la flore, la puissance des éléments ont ici un magnifique goût d’ailleurs.

En termes de culture et de mode de vie j’ai aussi eu l’impression d’être dans un autre pays. Je me suis délectée de crabe géant et de sushis, ici les conducteurs s’arrêtent pour laisser les piétons traverser, on peut sortir son smartphone dans la rue en toute sécurité, à l’hôtel il faut présenter une pièce d’identité pour pouvoir s’enregistrer… bref, une autre Argentine que je ne connaissais pas encore.

J’ai marché sur le glacier, pagayé dans le canal de Beagle, noué des amitiés d’une journée, trempé mes mains dans l’eau (parce que les pieds c’était peu recommandé ^^)…

Je pensais que ce serait la destination la plus australe de mon périple… si j’avais su!

Lorsque cet article est publié, je me trouve bien plus au sud, sur un bateau qui m’emmène vers un autre continent.

Je ne pourrai jamais être assez reconnaissante pour l’infinité d’opportunités qu’offre la Vie. Voyager pour une durée indéterminée et sans itinéraire prédéfini aura de loin été la plus belle décision que j’aie prise jusqu’aujourd’hui.

Un coucher de soleil en guise de bienvenue
Fleurs australes
Playa Larga
Là-bas c’est le Chili
Orchidée inespérée
Sanda Costera
Fleurs de soleil
La baie d’Ushuaïa depuis le glacier Martial
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Tilcara & Humahuaca

Au nord de la province de Jujuy, Tilcara et Humahuaca sont deux petites perles où il fait bon faire une halte. La première a su garder son charme pittoresque malgré la quantité d’hostels et de restaurant qui s’y trouvent. La seconde est peut-être un peu moins touristique, mais vaut clairement le détour, notamment pour admirer la grandiose serranía de Hornocal, montagne aux 14 (21 ou 33 selon les guides, 5 selon la police) couleurs.

J’ai séjourné 2 nuits à Tilcara, ce qui m’a permis de visiter la Pucará, forteresse millénaire construite par les indiens et la Quebrada de las Señoritas, une superbe randonnée que j’ai explorée avec Lisa une back-packeuse allemande rencontrée la veille. Nous étions seules au monde aux milieux des roches et des cactus… enfin, seules pas tout à fait, parce que dès le début de la marche, deux chiens errants et bienveillants ont choisi de cheminer à nos côtés. Sirius et Chico – c’est ainsi que nous les avons nommés – nous ont escortées tout au long du chemin, pendant 3 heures de randonnée en plein soleil. Nous avons sacrifié quelques biscuits et gorgées d’eau, astucieusement versée dans des cailloux creux pour qu’ils puissent boire, afin de les remercier.

À Tilcara, le soir on sort dans des Peñas, des petits bars sympas où jouent des groupes de musique traditionnels, avec des instruments plutôt étonnants. Là, Lisa et moi avons rencontré Javier, Enzo et Mariano, de Buenos Aires, qui séjournaient dans le même hostel que nous. Le lendemain ils nous ont proposé de nous joindre à eux pour aller visiter Humahuaca.

Nous voilà donc entassés à 5 dans leur Golf de location, pour une journée qui restera mémorable. C’est fou la vitesse à laquelle les liens se créent en voyages. Ceux qui hier encore étaient de parfaits inconnus deviennent des amis qu’on a l’impression de connaître depuis presqu’une vie. Après une pause déjeuner au centre d’Humahuaca, nous voilà partis pour voir l’Hornocal, les fenêtres grandes ouvertes, cheveux aux vents et Bob Marley à plein volume.

Arrivés au sommet, à 4350 mètres, la vue est à couper le souffle – souffle qui d’ailleurs est déjà court en raison de l’altitude. On mastique quelques feuilles de coca (en toute légalité) pour mieux respirer, et on se laisse porter par la montagne et sa beauté.

Et puis c’est déjà le temps des aurevoirs.

Et puis j’arrive dans l’auberge d’Humahuca où j’ai réservé deux nuits, et là je tombe sur Guillaume et Marc, de Nyon, et dès la première minute de conversation on part en fou rire. Ça donne la tonalité des jours qui suivent.

Dans le nord-ouest de l’Argentine, l’intensité des liens humains aura été à la hauteur de la beauté des paysages.

Fleur de cactus… ou allégorie de la vie?
Quebrada de Las Señoritas
Ingéniosité pour abreuver 2 toutous assoiffés
La señorita y Las Señoritas
Abeille d’altitude
Pucará de Tilcara
Humahuaca
El Hornocal
Bons baisers d’Iruya
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Purmamarca & Salinas Grandes

Après mon excursion à la quebrada de las conchas, j’ai décidé de me diriger vers le nord. Première étape: deux nuits à San Salvador de Jujuy, à 2 heures de bus de Salta. Là, j’avais réservé un Air BnB chez Martín et Virginia, un jeune couple hyper attentionné et attachant.

La capitale de la province de Jujuy ne présente pas un intérêt touristique immense à mes yeux, mais constitue la porte d’entrée vers une infinie variété de paysages. Ici on devine la proximité avec la Bolivie, le climat se fait plus sec et chaud et on trouve du lama au menu des restau’.

Le lendemain de mon arrivée, mes hôtes m’ont emmenée aux Salinas Grandes, quatrième plus grand désert de sel du continent. Sur la route en zigzag défilent des paysages impressionnants jusqu’au point culminant: 4170 mètres d’altitude. On croise des vigognes en liberté, sorte d’élégantes alpagas, qui quand elles se sentent enfermées se laissent mourir.

Sous un ciel azure et un soleil estival, le décors du désert de sel semble presque irréel. Plus de plus de 5 millions d’années d’activité géologique s’étalent sous nos pieds.

Sur le chemin du retour, on fait une halte à Purmamarca, pour se délecter de mets traditionnels et – pour couronner cette journée magique – parcourir le chemin des sept couleurs

Bleu-blanc manteau
Sel-volution?
Après “l’effort”
Serge l’Alpaga
Montagne aux 7 couleurs
Paseo de Los Colorados
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Quebrada de las conchas & Cafayate

Sitôt arrivée à Salta, j’ai compris qu’il fallait bouger pour voir les fameux paysages de cartes postales. Il y existe deux circuits classiques: la boucle sud (Quebrada de las conchas, Cafayate, Cachi) et la boucle nord (Purmamarca, Salinas Grandes, Tilcara, Humahuaca).

J’ai pensé louer une voiture, ou mieux en partager une pour faire la boucle sud qui n’est pas accessible en transports publics. Et puis finalement, sur un coup de tête, j’ai opté pour la solution la plus efficace, la moins chère et la moins contraignante qui s’est présentée à moi. Le genre de choses que je ne fais en principe jamais, mais qui sur ce coup-là s’est avéré très satisfaisant: j’ai booké depuis mon smartphone une excursion touristique à la journée.

Au programme: départ entre 7h et 7h45 (en réalité 8:05) de l’auberge, cap sur la quebrada de las conchas, avec arrêt pour admirer les plus beaux points de vue, visite d’un vignoble et dégustation de vin, temps libre pour déjeuner et visiter Cafayate, puis sieste dans le minibus pendant les 190km retour; le tout pour la modique somme de 18 CHF.

Cette journée bien remplie a été pour moi une super expérience, parce que la route est magnifique, que le vin était délicieux et que j’en ai pris plein les yeux.

Alors certes, si vous avez du temps devant vous et une voiture à disposition, cela vaut sûrement la peine de prendre plusieurs jours pour randonner dans la quebrada, faire une halte à Cachi et explorer des endroits reculés. Mais pour moi, l’option «tour organisé» a été idéale, parce qu’elle m’a permis de voir l’essentiel de la région en une journée et de pouvoir consacrer les 7 suivantes à la visite de la fameuse boucle nord, dans la province de Jujuy, qui fera l’objet des prochains articles.

Je vous laisse avec ces quelques merveilles:

«Quebrada» ca vient de «quebrar» = «casser»
Wild wild west
Garganta del Diablo
Tres cruces
D’ocres et de verts
Cafayate
Santé!
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Salta

À Buenos Aires, tout le monde me parlait de Salta. Soit parce que mes interlocuteurs avaient adoré y aller, soit parce qu’ils cherchaient des co-voyageurs pour partager les frais d’une voiture de location, soit parce qu’ils regrettaient de ne pas avoir le temps de s’y rendre. Et dans chaque aéroport ou terminal de bus, je croisais d’immenses pancartes de paysages splendides estampillés « Salta la linda ».

Bref, dans mon esprit, c’était clairement THE place to be.

Et puis, pendant mon séjour à Umepay, je lisais une expression bizarre sur le visage de mes amis argentins quand je leur disais que j’avais prévu de passer 10 jours à Salta. Ils s’empressaient de me conseiller de ne pas y rester et d’aller aussi à Jujuy, en me montrant des photos. J’avoue que j’avais du mal à comprendre, parce que dans mon esprit on parlait de la même région.

Et puis on m’a expliqué: comble du marketing et de la publicité, Salta promeut son tourisme à grand coup d’images de paysages splendides de la province attenante de Jujuy. Elle attire donc une manne financière énorme sur le dos de sa sublime voisine.

Un peu comme si on vendait le Lavaux genevois, le Cervin bernois ou la raclette de Savoie… (je suis consciente que j’ouvre ici un débat ^^).

Au-delà des rivalités, la ville de Salta est, de mon point de vue, jolie mais loin d’être exceptionnelle. Parmi les incontournables: la très belle cathédrale, le Museo de Arqueología de Alta Montaña, qui héberge les momies de 3 enfants offerts en sacrifice il y a plus de 500 ans, le Mont San Bernardo sur lequel on peut se rendre en téléphérique, et apparemment le Mercado San Miguel où on peu acheter de quoi ce restaurer, mais qui était fermé pour cause de dératisation (bon appétit!) lorsque j’ai voulu m’y rendre.

J’ai passé 3 nuits – 2 auraient suffi – à Salta, dans une auberge de jeunesse complètement frapadingue, tenue par Miguel et Federico, deux salteños aussi attachants que désorganisés. Je suis ensuite partie dans la province voisine, et ai dormi à San Salvador de Jujuy, Tilcara et Humahuaca, qui sont à mon avis des points de chute idéals pour visiter la région.

Je vous poste ici mes photos de la ville, les images spectaculaires des alentours arrivent dans les prochains articles.

Vue du ciel
D’un peu plus près
Ascension du Mont San Bernardo
Empenadas salteñas: délice incontournable
El General San Martín
Momie du MAAM
Le parvis de la cathédrale…
… et ses dorures intérieures
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Umepay

Prendre le temps.
C’est un privilège que j’ai choisi de m’accorder.

Imaginez une forêt verdoyante, bordée par une rivière, l’air pur de la montage, des cabanes circulaires aux toits de chaume, quelques hamacs… Ça résume parfaitement Umepay.

Lieu de villégiature des professeurs de yoga de tout le pays, cet écrin de nature au cœur des sierras de Córdoba dégage une énergie incroyable.

Ici, le temps s’écoule différemment. La ville la plus proche, Santa Rosa de Calamuchita, est à plus d’une heure de route, le réseau mobile ne passe pas, on s’éclaire à l’énergie solaire, la cuisine est entièrement végétarienne et les boissons sans alcool.

À Umepay, on égraine les journées alternant entre baignades dans la rivière, randonnées au delà des rochers, lecture, yoga, peinture et partage de maté.

À une heure de marche se trouve une Casa de Té, si l’envie nous prend de déguster une tarte au dulce de leche ou de passer une soirée un peu plus animée.

Je me suis reposée une semaine à Umepay et j’ai rencontré des personnes formidables, emplies de bienveillance et d’humanité.

Sur la route d’Umepay
Le petit pont de bois
Et au milieu coule une rivière
Au-delà des rochers
Un peu de gris, un peu de vert
Coucher de soleil dans le bois
Mes fleurs préférées? Les pensées sauvages
Au détour d’un sentier
Moi je t’offrirai, des perles de pluie…
Origami

Córdoba

Deuxième ville la plus peuplée du pays, avec un nom et une architecture qui évoquent l’Andalousie, Córdoba est une ville étudiante qui vit à cent à l’heure.

Après le calme et la nature luxuriante de Yacutinga et d’Iguazu, le choc fut un peu rude. Une chaleur suffocante, un logement un peu crado, l’incertitude de ma prochaine destination: mon séjour n’a pas démarré sous les meilleurs auspices.

Et pourtant, j’ai bien aimé cette ville, dont j’aurais arpenté les rues plusieurs heures durant (à tel point que mes Compeed ont littéralement fondu dans mes chaussures… que la vie peut être dure!).

Au-delà des barres d’immeubles, le joli centre historique abrite un ensemble de constructions jésuites qui valent le coup d’oeil et le parque Sarmiento, qui abrite une grande roue construite par Gustave Eiffel – s’il vous plaît! – est une oasis de fraîcheur, où il fait bon se réfugier.

Córdoba n’est pas en reste en termes d’offre culturelle. Festival international de jazz oblige, j’ai eu la chance d’assister à une représentation du trompettiste italien Enrico Rava, dans le cadre enchanteur du Teatro del Libertador.

Pour les amateurs de nature, la province de Córdoba regorge de montagnes verdoyantes, loin des flots touristiques et du chaos urbain… ce sera l’objet de mon prochain article.

Dôme sweet dôme
En souvenir des disparus de la dictature
D’or et de lumière
Cherchez la tour(ter)elle

Iguazú

Pour couronner mon incroyable expérience à Yacutinga, il fallait bien l’une des 7 nouvelles merveilles de la nature.

À la frontière entre l’Argentine et le Brésil, les chutes d’Iguazú: 275 cascades qui déversent jusqu’à six millions de litres d’eau par seconde.

Arrivée à 13h à Puerto Iguazú, sous un soleil de plomb, j’imaginais passer une après-midi paisible dans un café, à écrire un article pour ce blog et à organiser les prochains jours de mon périple.

C’était sans compter sur l’hôtesse de mon Air BnB qui m’a demandé tout de go: « mais pourquoi tu ne vas pas au Brésil maintenant? ». C’est vrai ça, pourquoi je n’irais pas au Brésil? Je pensais n’avoir ni le temps, ni la possibilité d’organiser spontanément une escapade de quelques heures de l’autre côté de la frontière. Je me trompais.

En grande aficionado d’impro, j’ai outrepassé mes barrières mentales et me suis mise en chemin, mon passeport à la main.

En Argentine le bus est un moyen de transport pratique, folklorique et peu onéreux, pour autant qu’on ait du temps devant soi et de l’argent liquide dans les poches. Après avoir, non sans difficultés, trouvé l’arrêt et réussi à stopper le bon bus – qui a bien failli me passer sous le nez – j’ai pu un peu souffler et me préparer au spectacle qui m’attendais.

Des paysages à couper le souffle, très peu de monde (certainement en raison de l’heure tardive et de la chaleur écrasante), la puissance de la nature à son paroxysme.

J’eût le plaisir d’admirer les chutes côté argentin le soir même, à la lueur de la pleine lune. C’est une expérience inoubliable qui n’a lieu que 5 nuits par mois et que je vous recommande vivement. Le nombre de places étant limité à une centaine de personnes, la réservation en ligne est indispensable.

Le lendemain, c’est sous une pluie battante, amplifiant la force des éléments, que je suis retournée voir les chutes argentines. On m’avait donné deux conseils pour la visite. L’un provient d’un touriste allemand, l’autre d’un garde forestier argentin:

1. « Il faut prendre le premier bus à 7h pile, une fois arrivée tu cours acheter ton billet d’entrée, ensuite tu fonces au premier petit train. Tu vas jusqu’au dernier arrêt, puis tu cours jusqu’à la Garganta del Diablo. Là, tu peux espérer être seule pendant environ 1 minute 30, avant l’arrivée de la foule. »

2. « Une fois sur place, demande aux guides le Sendero Macuco. Il faut traverser les voies du train, traverser une route et là tu t’enfonces dans la forêt sur un chemin de 3,5 km qui mène à une petite cascade. Si tu y vas tôt le matin, tu seras seule au monde. »

Je vous laisse deviner l’option que j’ai choisie (indice: j’ai croisé un colibri).

Une image vaut mille mots, difficile de faire un tri entre tous les clichés – toujours sans filtre – que j’ai pris:

Yacutinga

On n’a pas tous les jours 30 ans. Et j’avais envie d’inaugurer cette nouvelle décennie en m’offrant une expérience extraordinaire, quelque chose d’exceptionnel, juste pour moi… Certes, mais quoi?!

Avant de partir, j’avais envisagé de passer le cap dans l’un des plus beaux hôtels de Buenos Aires. A posteriori, cette idée me paraît tellement futile que j’ai du mal à réaliser qu’elle ait été mienne.

Heureusement, j’avais glissé dans mon backpack le super Guide Tao Argentine (merci les coupaings!), qui recense de nombreuses adresses de tourisme écoresponsable. Après seulement quelques jours de voyage, LA destination m’est apparue comme une évidence: Yacutinga.

Au cœur de la jungle, au bord de la rivière Iguaçu, Yacutinga est une réserve naturelle privée de 570 hectares, qui porte des projets de restauration de la forêt subtropicale et de préservation de la biodiversité, financés notamment par l’hébergement en éco-lodge et les activités en pleine nature.

Les cabanes de Yacutinga, au confort rustique, sont toutes construites avec des matériaux durables. Aucun arbre n’a été coupé pour réaliser les infrastructures et le bois utilisé provient de branches tombées ou arrachées par le vent. Les vitraux multicolores en verre recyclé, colorent les pièces d’une douce lumière.

Kayak, randonnée dans la selva, aeroyoga, massage thaï, méditation sous les étoiles, autant d’activités qui ont illuminé mes journées. J’ai aussi passé de longues heures à écouter les bruits de la forêt et à contempler les papillons, oiseaux, reptiles, insectes et autres animaux qui vivent dans la réserve à l’état sauvage.

J’ai notamment vu des singes hurleurs (apparemment difficiles à observer), des dizaines d’iguanes, des morphos bleus (mon papillon préféré), des martins-pêcheurs, des colibris, un aigle noir… Je n’ai pas pris de photos, parce que j’ai préféré vivre intensément ces moments, plutôt que de chercher mon smartphone et d’interrompre l’émerveillement. Et puis qu’on se le dise: photographe c’est un métier. L’image zoomée 18 fois sur laquelle on devine une plume chamarrée, je vais donc vous l’épargner.

J’ai aussi fait de belles rencontres et ai pu pratiquer mon allemand, mon anglais et mon castellano, avec lequel j’arrive désormais – et non sans fierté – à faire des calembours et jeux de mot.

Mes papilles aussi ont pu se régaler. La cuisine de Yacutinga est délicieuse, et chaque repas est préparé avec des produits frais, locaux, en majorité bio, et avec une bonne dose de buena onda. Toute l’équipe est aux petits soins et j’ai eu droit, le soir du 10 novembre, à un super gâteau meringué, orné d’une bougie à souffler. Entourée de tant de nature et d’esprits bienveillants, pas une seconde je ne me suis sentie seule à l’autre bout du monde.

Côté boissons, j’ai eu le plaisir de savourer des jus, cocktails et tereré, préparés avec des fruits indigènes, dont je ne soupçonnais pas l’existence, aux saveurs sucrées et acidulées.

Si vous passez par Iguazú, je ne peux que vous recommander de vous offrir une bulle de nature, de paix et d’aventure, tout en contribuant à la préservation d’un écosystème hautement menacé. Pour les petits budgets, il est également possible de faire un volontariat et donc d’être logé et (très bien) nourri dans ce petit coin de paradis, en échange de quelques heures de travail. Un tel séjour coûte, pour une voyageuse seule, entre 650 et 750 $US tout compris (le transport depuis Puerto Iguazú aussi).

Comme de coutume en Argentine, c’est le paiement s’est avéré être la partie la plus compliquée de l’histoire: impossible de payer par carte de crédit ou de faire un virement bancaire depuis un compte etrangé. J’ai donc dû me trimbaler, depuis Buenos Aires, plus de 45 000 pesos, le tout en billets de 100 – sinon ce n’est pas drôle – afin de pouvoir régler l’addition.

Certes avec cette somme, j’aurais pu m’offrir quelques pierres qui brillent, un énième sac à main, ou un carré hermès et demi… mais vous l’aurez compris: la sérénité et la joie que j’ai ressenties, elles n’ont pas de prix.

Au fil de l’eau
Nature peinture
Quelques baies de cocù (ici c’est un fruit ^^) récoltées en canoë
Fourmi maxi format
Salsepareille sans pareil
Changer de perspective:
Autre point de vue sur la gravité (des choses)
Photo: Juan-Manuel @yogaenlaselva
Là-bas c’est le Brésil
Quand durabilité rime avec calme et volupté
Avec les coupaings au bord de la piscine, le jour de mes 30 ans 🙂
Méditation sous les étoiles, illuminée par la pleine lune
Cerise sur le gâteau: avant de partir, chaque visiteur sauve une orchidée tombée du nid