Brèves de comptoir

Au cours des dernières semaines, j’ai entendu quelques phrases mémorables, parfois drôles, parfois tristes, parfois (im)pertinentes. Toutes sont authentiques et invitent à la réflexion ou à l’introspection. Je vous les partage dans la langue où elles me viennent en tête, et vous laisse le soin de forger votre propre opinion:

« Ce n’est pas la pauvreté qui mène à la délinquance, c’est la rancœur. »
Omar, argentin d’une septantaine d’années, croisé dans un buffet-cantine du centre de Buenos Aires

« I am heartbroken, I feel so down… I wanna go to the downest place on Earth… where is the downest place on Earth?… Ushuaïa… Where is Ushuaïa?… in Argentina… let’s go to Argentina! That’s basically the reason why I came here. »
Kayla, 25 ans, Ottawa, croisée dans un hostel de Buenos Aires

« Il paraît qu’en Europe vous n’avez pas d’indigènes?! Cela a du te faire bizarre de voir des indigènes. Il y a deux sortes d’indigènes* chez nous, les macas qui sont grands, forts et travailleurs et les guaranis qui sont petits, paresseux et qui passent leurs journées à boire. En Australie aussi ils ont des indigènes. »
Mary, 52 ans, mon hôtesse à Puerto Iguazu
*ndlr: l’Argentine compte en fait plus de 30 peuples indigènes qui sont encore aujourd’hui largement discriminés et marginalisés.

« Cela fait 3 semaines que nous sommes en Amérique du Sud, nous avons fait Santiago, la Patagonie, Buenos Aires et Iguazu. Après on va au Brésil. Ce ne sont pas des vacances, c’est plutôt un voyage. On se sentira en vacances quand on sera de retour à la maison, qu’on regardera les photos et qu’on racontera à nos proches tout ce que l’on a fait. Mais pour l’instant c’est éreintant. »
Birgit, 52 ans, Francfort, rencontrée à Puerto Iguazu

« On devrait encourager toutes les femmes à voyager en solo: non seulement ça renforce la confiance en soi et l’ouverture d’esprit, mais ça permet aussi de comprendre que le bonheur ne dépend que de soi-même et pas du fait d’avoir quelqu’un à nos côtés. »
Annukka, la trentaine, Helsinki, rencontrée aux chutes d’Iguazu

« Pour préserver l’écologie extérieure, il faut commencer par prendre soin de notre écologie intérieure et de notre équilibre corporel, mental et spirituel. »
Juan-Manuel, 26 ans, Posadas, professeur de yoga & méditation @yogaenlaselva

Hasta la vista BA!

Première destination de mon périple, la seule que j’aie planifiée depuis Genève, la capitale Argentine m’a enchantée. Je suis maintenant en route pour un nouveau lieu, dont la beauté, le calme et là sérénité me réjouissent au plus haut point. J’ai hâte de pouvoir vous le raconter.

Mon séjour à Buenos Aires en quelques chiffres: 21 jours, 324 723 pas – soit environ 216 km parcourus, à peu près 12 000 instants d’émerveillement, 62 œuvres de Julio Le Parc photographiées, 41 heures de cours d’espagnols, presqu’autant de temps à pratiquer, une bonne dizaine d’empenadas dégustés, quelques soirées mémorables, dont la dernière dans un bar secret, 2 iguanes croisés sur mon chemin, 1 cours de tango, de très belles rencontres et de super moments partagés.

Tour d’horizon en images:

Proue de la frégate Sarmiento
Street Art à la Boca
Reserva Ecológica Costanera Sur
Verre, béton, végétation, religion
El Rosedal
Un choripan au marché couvert de San Telmo
Caravana BA l’auberge de jeunesse parfaite
Cimetière de Recoleta
Dissonance architecturale
Mafalda de la Boca
Une perspective du nouveau monde

Entre culture et confiture

Dégoulinante de dulce de leche et de perles de musées, Buenos Aires fait mentir le fameux dicton de cours de récréation: « la culture c’est comme la confiture, moins on en a plus on l’étale ».

Ceux d’entre vous qui me connaissent depuis longtemps savent que je suis plutôt raclette-fendant que café-croissant. Et pourtant, je me suis laissée séduire assez facilement par les fameuses facturas et autres douceurs argentines: alfajores, medialunas, churros, panqueques (sic) et helados ont ravis mes papilles. Côté salé, empanadas, parrillas et choripan m’ont aussi régalée.

Une de mes grandes interrogations à propos de l’Argentine concernait la possibilité de trouver des fruits et légumes de qualité; si l’on considère que la pomme de terre est un légume, alors la réponse est oui. Plus sérieusement, il y a de nombreuses fruterias qui proposent à chaque coin de rue des fruits et légumes locaux, mais probablement pas bio. J’ai pu cuisiner de savoureuses salades colorées, histoire de végétaliser une alimentation dont l’équilibre diététique mérite d’être questionné.

Si la plupart des restaurants proposent presque exclusivement de la viande, des pâtes ou des pizzas, il est possible de trouver des menus plus variés. Dans le quartier du centre, on peut se régaler de produits frais à tout petit prix dans les cantines-buffet où les travailleurs se pressent à l’heure du déjeuner. Cela vaut aussi la peine de s’attabler dans l’une des échoppes des halles de San Telmo qui proposent des mets aussi colorés que savoureux. Dans le quartier de Palermo, les adresses healthy, végétariennes et branchées se multiplient. J’y ai d’ailleurs découvert Sacro, la meilleure table vegan qu’il m’ait été donné de goûter.

Excellence vegan chez Sacro

En termes de culture, j’ai commencé par un free walking tour qui m’a permis d’avoir un éclairage global sur l’histoire, l’architecture et la politique argentine. Ce dernier sujet est vraiment controversé et les opinions très clivées. Avec un peu plus de légèreté, j’ai eu beaucoup de plaisir à assister un ultra-touristique mais spectaculaire tango show à La Ventana et à déchiffrer les poèmes de Borges en version originale, j’ai aimé flâner dans le centre culturel de Recoleta et dans les rues chargées d’histoire de San Telmo. Par dessus tout, j’ai adoré l’expo de Julio Le Parc au CCK.

Tango show à la Ventana
Façades colorées du quartier de la Boca, là où le tango est né
Quelques pépites de Julio Le Parc
D’autres perles du CCK

Mes conseils pour bien débuter un voyage en solo à Buenos Aires

Après deux semaines de voyage, je vous livre les petits riens qui ont grandement facilité, voire illuminé, les premiers jours de mon périple:

Apprendre et pratiquer l’espagnol, pour pouvoir réellement communiquer. Quelques heures de cours suffisent pour savoir s’exprimer! J’avais quelque peu feinté lors de mon test d’admission à l’école de langue (merci Google), histoire de suivre des cours d’un niveau plus avancé que je ne l’étais réellement. Je n’avais jamais (jamais, jamais) appris la langue de Cervantes – ou de Borges – auparavant, et j’ai directement commencé en fin de A2, l’école estimant que j’avais le niveau de quelqu’un ayant déjà pris 120 heures de cours intensifs. Je n’ai eu aucun mal à suivre et après 2 semaines, je peux dire sans rougir que je me débrouille plutôt bien et que je gère haut la main les questions de la vie courante.

Trouver une chambre dans un bon un Air BnB, en colocation avec des porteños, pour se sentir comme à la maison et avoir vent des meilleures adresses et bons plans – Gracias Belen!
Au moment où j’écris ces lignes, je viens d’annuler ma seconde réservation Air BnB, quelques minutes après avoir découvert le logement, au vu des mauvaises ondes et du manque de sécurité qui s’en dégageaient… cela m’amène donc spontanément à rédiger une nouvelle recommandation:
Toujours suivre son intuition et savoir changer ses plans quand on le sent!
(Rassurez-vous, je me suis réfugiée dans un hostel très sympa, je suis en sécurité).

Investir une poignée de pesos dans une carte sim locale, parce qu’on ne va pas se mentir, internet est un outil incroyablement génial (notamment quand il s’agit de réserver en urgence un nouveau logement)!

Repérer les meilleurs cafés, restaurants et soirées sur Buenos Aires connect – Merci Isabel!

Dédiaboliser les délices sucrés et se laisser séduire par un cortado accompagné d’un churro con dulce de lecce – Merci Marytza!

Mettre ses principes gustatifs de côté et commencer à apprécier le Fernet Coca (à défaut d’être bon, ça aide à la digestion).

Prévoir du cash! En euros ou en dollars – Merci Papa! – parce que les banques argentines taxent lourdement chaque retrait d’argent (limités à quelques dizaines de CHF à la fois), et que les paiements par carte de crédit sont plutôt laborieux (lorsqu’ils sont possibles). Les plateformes d’envoi d’argent en ligne, comme Azimo ou Western Union, s’avèrent être d’une grande utilité!

Ouvrir, avant de partir, un compte multi-devises auprès d’un organisme en ligne comme Revolut – Merci Raph!… et au-delà: toujours avoir un ami banquier ^^!

Apporter des vêtements munis de poches secrètes… ou alors les coudre sur mesure dans vos habits favoris – Merci Maman! – pour pouvoir transporter ledit cash en toute sécurité.

Toujours avoir son couteau suisse sous la main, pour couper ce satané fil qui dépasse, se limer un ongle… ou ouvrir une bonne bouteille de Malbec 🙂

Apprendre à traverser la route: en tant que piéton, sache qu’en aucun cas tu n’auras la priorité.

Expérimenter la frénésie des bus locaux, en achetant une carte SUBE (disponible dans les stations de métro et rechargeable dans la plupart des kiosques).

Résoudre ses considérations éthiques et télécharger l’appli Uber pour parcourir la moitié de la ville pour moins de 5 CHF, tout en discutant politique, philosophie ou football avec le chauffeur, en español évidemment.

Allier culture, relaxation et économies en flânant dans les nombreux musées, centres culturels et parcs – gratuits pour la plupart!

Lâcher prise et se laisser porter… parce que la vie regorge de belles opportunités, et qu’en réalité, les seuls problèmes qui existent sont ceux que tu te crées !

Parque del Rosedal

Premières impressions

Ce qui est génial quand tu voyages sans avoir de plan prédéfini, c’est que tu es ouvert à toutes les opportunités qui se présentent:

—Do you know anyone in Buenos Aires?

—No.

—One of my friend organises an asado tonight, do you wanna come?

—Sure!

Voilà comment, lors de ma première soirée à Buenos Aires, je me suis retrouvée dans une résidence chic de Palermo, à partager un dîner de roi, suivi d’une fête des plus mémorables, à danser jusqu’à 2 heures du matin. L’asado, spécialité culinaire argentine par excellence, consiste à griller à la perfection des pièces de viande (et éventuellement quelques légumes) avant de les déguster sur un morceau de pain avec une sauce chimichurri… nos barbecues Weber peuvent aller se rhabiller!

Mon premier asado

Cela fait une semaine que je vis en Argentine et j’ai presque l’impression d’être à la maison. J’ai très rapidement pris mes marques, peut-être grâce à l’immersion de cette première soirée.

L’ambiance des cafés, l’architecture archi-hétéroclite, l’effervescence de la ville, la quiétude des parcs, l’amabilité des gens, la saveur des empanadas… tout (ou presque) me séduit ici.

Après vingt heures de cours d’espagnol intensifs et de longues minutes de pratique avec les chauffeurs Uber (tous aussi bavards que sympathiques), je m’exprime avec une certaine fluidité et parviens même à toujours obtenir ce que je voulais commander ^^.

J’ai peu photographié cette première semaine, mais voici quelques uns de mes clichés:

Architecture archi-hétéroclite
Street art à Palermo
La casa rosada
Oasis de verdure
Nature en ville
Jardin botanique de Buenos Aires
El patio: le café où j’ai brunché tout en écrivant cet article

Avant-goût

En route, le mieux c’est de se perdre. Lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors, mais alors seulement, que le voyage commence.

— Nicolas Bouvier

Le 17 octobre 2019, je m’envole pour Buenos Aires… Lorsque j’écris ces lignes, je ne sais pas combien de temps ce voyage durera, ni quel sera mon itinéraire, mais j’ai la certitude que le vent saura me porter là où mon cœur aimera vibrer.

Pourquoi ce blog?

De Genève à Buenos Aires.

À l’aube de la trentaine, animée par l’envie de découvrir le monde et une infinie joie de vivre, je quitte le confort de ma vie genevoise, un job passionnant et les gens que j’aime pour m’envoler vers un nouveau continent, dont je ne connais encore presque rien.

Photographies, gastronomie, pensées, expériences, bon plans: à travers ce blog je partage avec vous quelques morceaux choisis de cette grande aventure au-delà de ma zone de confort.