Antarctique

Choisir c’est renoncer.

Il y a quelques jours, j’ai fait l’un des meilleurs choix de mon existence. J’ai renoncé à une coquette somme d’argent sur mon compte en banque, pour m’offrir l’une des plus belles expériences qui soit. J’ai embarqué pour le septième continent.

J’aurais voulu avoir le talent de Proust, Baudelaire, Brel, Satie et Monet réunis, pour pouvoir vous conter, déclamer, chanter, jouer, montrer exactement ce que j’ai vécu. Je dois renoncer dépeindre mon expérience de façon exhaustive, mais je choisi de vous en croquer une idée.

Il y a un mois, je ne savais même pas qu’il était possible de se rendre en Antarctique en dehors de missions scientifiques. Lorsque j’étais à Humahuaca, voilà deux semaines – j’ai l’impression que c’était il y a un an – j’ai rencontré Isabelle et Philippe, qui m’avaient raconté avec passion leur aventure polaire à venir. Je pense que cela a planté la première graine de mon envie d’y aller.

Après Ushuaïa, j’avais prévu de partir à El Calafate, puis de remonter la Patagonie. Et puis j’ai choisi d’écouter cette petite étincelle qui vibrait en moi, et j’ai renoncé à mon plan initial. Grâce à mon super Guide Tao offert par mes amis de toujours, j’étais allée réserver une excursion eco-responsable en canoë dans le parc national d’Ushuaïa et là j’ai vu l’annonce qui a changé le cours de mon voyage: « Last minute deals! ANTARCTICA – ask here ».

J’ai demandé le prix, mais je ne me suis pas tout de suite décidée. J’ai laissé passé 48 heures, jusqu’à savoir exactement que c’est là-bas que je voulais aller.

Deux jours avant d’embarquer, grâce à l’annulation d’une excursion touristique que j’avais agendée, je suis retournée à l’agence. On m’a alors donné le numéro de téléphone de Federico de Wayfinder Adventures, qui se trouvait lui-même en Antarctique à ce moment-là, et qui m’a donc donné le numéro de son collègue Luciano à Buenos Aires, avec qui j’ai longuement échangé par WhatsApp en espérant pouvoir obtenir le précieux ticket.

Ce matin-là, après être passée par des montagnes russes émotionnelles, les étoiles se sont alignées. Et là j’ai pleuré.

Lorsque j’écris ces lignes, je suis sur le chemin du retour, après avoir exploré l’ouest puis l’est de la péninsule Antarctique. Nous nous apprêtons à passer le Cap Horn. J’ai encore les larmes aux yeux tellement les dix derniers jours ont été intensément heureux.

Il n’y a pas de mots pour décrire la profonde joie que j’ai ressentie quand j’ai vu ces orques nager à côté de moi, quand j’ai assisté à l’éclosion d’un œuf de manchot ou quand ce phoque s’est approché si près que j’aurais pu le toucher. Le ballet des baleines aux coucher du soleil et la danse des albatros à la proue du navire resteront longtemps gravées dans mes pensées.

L’Antarctique c’est aussi une infinité de blancs et de bleus, des ciels de feu, un soleil de minuit, des icebergs dans toute leur immensité… et puis des liens humains, des sourires échangés, de la tendresse, des rires, quelques whiskys partagés, avec de la glace de l’Antarctique, s’il vous plaît!

J’ai fait du stand-up paddle dans le silence glacé, pratiqué le yoga avec vue sur les vagues, plongé dans l’océan à 3 degrés, puis j’ai couru au sauna pour me réchauffer.

Et puis j’ai noué de vraies amitiés, qui m’ont permis de vivre d’incroyables aventures qu’aucun autre passager n’a eu la chance d’expérimenter. Je dois renoncer à les partager ici, pour ne pas risquer de compromettre les personnes impliquées, mais je choisirai volontiers de vous les raconter de vive-voix, quand on se verra…

Là où tout a commencé
Le septième continent
Paysage de cobalt et d’argent
Mise en perspective
En avant marche
Sagrada Familia polaire
De l’autre côté du miroir
Chinstrap et Gentoo
Adélies Dupont et Dupond
Don’t mess with Johann, Penguin!
Ciel de onze heures et demi
Soleil de minuit ( 00h00 – littéralement)

Les vidéos et photos bonus, parce qu’à ce stade je renonce à choisir:

4 commentaires sur « Antarctique »

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